le livre en Alsace du XIIe au XVIe siècle

Supports et protections : le papier

 
 

  •  Aperçu historique
  • Le papier a été inventé en Chine au IIe siècle après Jésus-Christ. Le papier se répand rapidement dans tout l’empire chinois et il est introduit dans les pays arabes au VIIIe siècle. Le papier commence à être fabriqué en Europe au XIIIe siècle. Les premiers moulins à papier apparaissent en Italie. Le premier moulin à papier français est installé à Troyes en Champagne en 1346. Celui de Strasbourg date de 1445. En Europe, le papier connaît un grand succès dès le XVe siècle. En effet, il est bien moins cher à fabriquer que le parchemin. De plus, l’invention de l’imprimerie favorise l’usage du papier au détriment du parchemin qui dès lors est réservé à des usages particuliers. Du XIIIe siècle au XIXe siècle, la papier fabriqué en Europe est fait à base de chiffons de chanvre, de lin ou de coton.

     
     

  •  Fabrication du papier
  • La fabrication du papier commence par le broyage des matières premières (chiffon, copeau de bois…) en une bouillie assez claire. Cette pâte à papier était versée dans une cuve dans laquelle on plongeait un cadre de bois, la forme. La forme recueillait une partie de la pâte à papier qui, séchée et pressée, donnait une feuille.


    Voici en détail comment se déroulait la fabrication du papier au Moyen-Age :


  •  Les chiffes sont collectées dans les villes par des ramasseurs (les chiffonniers) qui trient sommairement les chiffons et en constituent des balles qui sont acheminées jusqu’aux moulins à papier.
  •  Là, les chiffons sont triés et découpés en lanières, en général par les femmes.
  •  Les chiffons sont mis à tremper et à fermenter dans l’eau du pourrissoir entre deux à six semaines, avant de les découper au dérompoir pendant six à douze heures : un bac où battent des maillets tranchants qui déchiquettent les chiffons.
  •  La pâte obtenue est raffinée pendant 12 à 24 heures pour obtenir une pâte plus fine.
  •  L’ouvreur plonge une forme dans la cuve, la ressort chargée de pâte et y répartit celle-ci sur toute la surface. L’eau s’écoule à travers le tamis et les fibrilles de cellulose contenue dans les fibres textiles commencent à s’enchevêtrer. L’ouvreur tend la forme à son coéquipier, le coucheur.
  •  Le coucheur renverse la forme pour déposer la feuille sur un feutre destiné à la séparer de la feuille précédente, et ainsi de suite.
  •  La pile de feuilles et de feutres est placée sous une presse à vis pour éliminer l’excédent d’eau. Les feuilles sont ensuite séparées des feutres et pressées à nouveau. Les feuilles encore humides sont mises à sécher sur des cordes.
  •  Suit le collage qui permet à la feuille de recevoir de l’encre sans boire l’eau contenue dans celle-ci : les feuilles sont plongées dans un bain chaud de colle mélangée à de l’eau et de l’alun. Les feuilles sont mises sous presse pour enlever l’excédent de colle et à nouveau étendues pour sécher.
  •  La feuille est lissée : il faut soit passer un grattoir pour faire disparaître les aspérités, soit polir avec un morceau de bois ou avec une pierre dure qui égalise le grain du papier.
  • Le papetier 
     
     
     

  •  Forme et filigrane
  • Quelques mots encore à propos de la forme. La forme est un châssis rectangulaire dont les dimensions intérieures sont celles de la future feuille de papier. Elle est traversée dans sa longueur par des fils de laiton, de cuivre, rarement d’argent, espacés d’un millimètre (vergeures) et dans sa largeur, par des lames de sapins triangulaires (pontuseaux) distantes de trois millimètres et emboîtées dans le châssis. Vergeures et pontuseaux forment un treillis.

    La forme était plongée dans une cuve contenant la pâte à papier. La forme recueillait une partie de la pâte à papier qui, séchée et pressée, donnait une feuille.


    Les fils de laiton de la forme laissaient des traces sur la feuille de papier. Aussi, les fabricants eurent-ils l'idée de recourber certains de ces fils pour qu'ils forment un dessin : le filigrane visible uniquement par transparence. Il existe différents types de filigranes : marque indiquant la sorte de papier, son format (raisin, cloche…) ou encore marquage en forme d’hommage à un personnage illustre ou plus banalement la marque indique l’identité du papetier.


    Retour en haut de la page


    Page précédente