L'Hortus Deliciarum, planche 9

 

La charité
L'ermite
Le moine reclus
Le moine mendiant
Le prêtre du peuple
La moniale
Le femme laïque et le militaire
Le diable


 
Planche 9, l'échelle qui conduit au ciel
 

Auteurs: WILLEMIN (graveur), AUBERT (pour les textes) d’après les copies de ENGELHARDT Christian Moritz

Description matérielle : gravure sur cuivre coloriée

Planche 9

Extrait de : ENGELHARDT (Christian Moritz), Herrad von Landsberg, Aebtissin zu Hohenburg, oder St. Odilien, im Elsass, im zwölften Jahrhundert und ihr Werk : Hortus deliciarum. Ein Beitrag zur Geschichte der Wissenschaften, Litteratur, Kunst, Kleidung, Waffen und Sitten des Mittelalters, Stuttgart und Tübingen, 1818


Cette planche représente l’échelle qui conduit au ciel. Ce thème de l’échelle est un thème de la littérature chrétienne mis en vogue par saint Jean Climate, et souvent repris par les maîtres de la spiritualité. Le cheminement du chrétien vers le but de sa vie, le bonheur céleste, était compris comme une montée, et l’échelle était la voie qui se prêtait le mieux pour matérialiser cette ascension.

A l’époque de la composition d’Herrade, l’échelle comptait douze ou quinze degrés selon les textes. Quand on regarde bien l’image, on se rend compte que pour le dessin de l’échelle, on s’est efforcé de tenir des deux nombres à la fois. Nous voyons l’échelle à douze degrés de même écart et à trois endroits un degré intermédiaire , ce qui fait un total de quinze.

D’après un des textes du manuscrit, voici la liste de vertus qui correspondaient aux quinze degrés : patience, bénignité, piété, simplicité, humilité, mépris du monde, pauvreté volontaire, paix, amabilité, joie spirituelle, résignation, foi, espérance, longanimité, persévérance. Arrivé au terme on avait réussi à acquérir la vertu, c’est-à-dire la charité.


En haut à gauche, le texte explique ce que cette planche illustre : Cette échelle signifie l’ascension des vertus et le religieux exercice de la sainteté, qui permettent d’obtenir la couronne de la vie éternelle. Cette échelle, beaucoup s’appliquent à la gravir, mais blessés par les flèches que lancent les diables, ils se désistent ; séduits et tirés vers le bas par des soucis terrestres et leur concupiscence, ils tombent misérablement.

 

La charité

La charité

Tout en haut de l’échelle à droite, nous voyons, sortant d’un nuage, la main du Seigneur tenant la couronne de vie. Un personnage qui se tient en haut de l’échelle est la charité. Elle tend la main vers la couronne de vie. Le texte à droite précise qu’elle est la seule à parvenir à l’acquisition de la récompense céleste. Un autre texte, au-dessus d’elle et à gauche indique que le charité représente tous les saints et les élus qui, grâce à la garde des anges, parviennent aux récompenses éternelles.

Du haut en bas de l’échelle se trouve toute la série des personnages qui se détournent de la couronne de vie et se penchent vers en bas où quelque chose les attire.

 

L'ermite

L'ermite

L’ermite, à propos duquel le texte dit : Qu’en s’appliquant trop à bien cultiver son jardin, il néglige la prière et se trouve privé des douceurs de la contemplation céleste.

 

Le moine reclus

le moine reclus

Le moine reclus que l’on voit attiré par son lit où il aime se reposer. Selon le texte, le repos voluptueux du sommeil le rend mou.

 

Le moine mendiant

Le moine mendiant

Le moine mendiant, attiré par un grand panier rempli de pièces d’argent. Le texte indique que son cœur est totalement fixé, immobilisé, là où se trouve son trésor.

 

Le prêtre du peuple

Le prêtre du peuple

Le prêtre du peuple (clericus) dans une position curieuse, tout à fait renversé, qui est attiré, non pas par l’édifice de son église, mais par ce qui est plus proche de lui : les bons mets de table et son amie qui lui fait signe. Un texte indique que ce clerc désigne tous les mauvais clercs, qui se livrent aux excès du manger et boire, à la luxure, à la simonie et à d'autres vices ; il tombe à la renverse et n’atteindra jamais la couronne de vie.

 

La moniale

La moniale

La moniale du côté gauche de l’échelle est à la même hauteur que le prêtre du peuple. Elle est attirée par un presbyter (peut-être le clerc qui a la charge spirituelle du couvent) qui fait miroiter de l’argent ; d’après le texte placé un peu plus haut, cette moniale représente toutes les mauvaises moniales, qui se montrent sensibles aux cadeaux qu’on leur offre et à d’autres séductions, comme les plaisirs du monde et les richesses de leurs familles ; elles ne vont plus vers Dieu et perdent la couronne de vie.

 

La femme laïque et le militaire

La femme laïque et le militaire

Une femme laïque et un militaire tout en bas de l’échelle. La femme est attirée par de belles parures et de beaux édifices ; le chevalier par des chevaux, des armes et des soldats à commander. Ils sont là, dit le texte, pour tous les laïcs aimant trop les richesses et plaisirs du monde.

 

Le diable

Le diable

Le diable est encore une fois représenté en bas de l’échelle sous la forme d’un dragon et le texte mentionne que c’est lui qui provoque les nombreuses chutes.


Reste le texte inscrit sur le montant de l’échelle : Tous ceux qui sont tombés du haut de l’échelle, le Seigneur, grâce au remède de la pénitence, peut les rendre capables de reprendre la montée.


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