La philosophie
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Auteurs: WILLEMIN (graveur), AUBERT (pour les textes) d’après les copies de ENGELHARDT Christian Moritz Description matérielle : gravure sur cuivre coloriée Planche 8 Extrait de : ENGELHARDT (Christian Moritz), Herrad von Landsberg, Aebtissin zu Hohenburg, oder St. Odilien, im Elsass, im zwölften Jahrhundert und ihr Werk : Hortus deliciarum. Ein Beitrag zur Geschichte der Wissenschaften, Litteratur, Kunst, Kleidung, Waffen und Sitten des Mittelalters, Stuttgart und Tübingen, 1818 Description : Cette planche représente le cercle de la philosophie, présenté comme la rosace d’une cathédrale : un cercle central et une série de demi-cercles disposés tout autour. | ||
La philosophieAu milieu du cercle central, on voit, assise sur un trône telle une reine, la philosophie. Elle porte sur la tête un grande couronne d’où émergent trois têtes représentant l’éthique, la logique et la physique. Selon Platon, ce sont les trois parties de l’enseignement de la philosophie. Dans ses deux mains, la philosophie tient une banderole sur laquelle on peut lire : Toute sagesse vient de Dieu, seuls les sages peuvent faire ce qu’ils désirent. | ||
Socrate et PlatonAu pied de la philosophie se trouvent, assis devant des pupitres, deux hommes dont les noms sont indiqués, Socrate et Platon. Ces deux célèbres penseurs grecs, bien que païens, étaient considérés comme des précurseurs de la pensée chrétienne. Les textes qui entourent les deux philosophes indiquent que les philosophes enseignaient tout d’abord l’éthique, puis la physique, ensuite la rhétorique ; ils étaient les vrais sages du monde et les enseignants du peuple ; ils avaient comme tâche de scruter la nature profonde de toutes choses. | ||
Les sept arts libérauxSur la bande qui entoure le cercle intérieur on peut lire ce texte : Moi, la divine Philosophie, je gouverne toutes choses avec sagesse ; je dispose par sept les arts qui me sont subordonnés. - Trois d’entre elles correspondent aux fleuves qui jaillissent à droite ; elles se rapportent aux langues ou lettres ; ce sont la grammaire, la rhétorique et la dialectique. Ensemble, elles forment, selon une expression propre au Moyen-Age, le trivium, c’est-à-dire les trois arts du premier degré. - Les quatre autres forment le quadrivium, les arts du second degré qui se rapportent aux harmonies : la musique, l’arithmétique, la géométrie et l’astronomie. Chacune des sept porte les emblèmes de sa spécialité et se présente par un texte inscrit sur l’arcade qui l’entoure : | ||
La grammaireGrammatica tient un livre et un fouet et dit : Par moi, tous peuvent apprendre ce que sont les mots, les syllabes et les lettres. | ||
La rhétoriqueRethorica tient en main une tablette et un stylet et dit : Grâce à moi, fier orateur, tes discours pourront prendre de la vigueur. | ||
La dialectiqueDialectica désigne d’une main un interlocuteur et de l’autre, elle tient une tête de chien qui aboie ; elle dit : Mes arguments se suivent avec rapidité, tout comme les aboiements d’un chien. | ||
La musiqueMusica tient en main une harpe ; d’autres instruments sont à côté d’elle. Elle déclare : Moi, j’enseigne mon art à l’aide d’une variété d’instruments. | ||
L'arithmétiqueArithmetica tient une corde sur laquelle sont enfilées des boules (c’est la première forme du boulier) ; elle dit : Je me base sur les nombres et je montre les rapports qui existent entre eux. | ||
La géométrieGeometria tenant aune et compas en mains, dit : C’est avec exactitude que j’arpente les terres. | ||
L'astronomieAstronomia tient en main une loupe, ou une sorte de miroir et dit : Moi, je tiens mon nom des corps célestes et prédis l’avenir. Tout au long de la grande bande qui forme le cercle extérieur, on peut lire un texte en quatre vers : La Philosophie enseigne les arts par sept branches. Elle scrute les secrets des éléments et de toutes choses. Ce qu’elle découvre, elle le retient dans sa mémoire. Et elle met tout par écrit, en vue de le transmettre aux élèves. | ||
Hors du cercleEn dehors du cercle en bas de la composition se trouve ce qui est exclu du domaine de la philosophie. Il s’agit de quatre hommes, assis devant des pupitres ; ce sont des poètes ou des magiciens. Comme le texte l’indique, ils sont guidés, instruits par des esprits mauvais, impurs et ce qui vient d’eux n’est que contes ou fables, poésies légères et frivoles, ou recettes de magie. Les mauvais esprits sont représentés sous forme d’oiseaux noirs, par opposition à la colombe blanche, symbole du Saint-Esprit. Ces oiseaux sont placés près de la tête de chaque homme, comme pour leur parler à l’oreille. ![]() | ||